jeudi, 17 mai 2012
Bien sûr...
Bien sûr que ça ce n'est pas la vraie vie...
Bien évidemment qu'il y a des choses infiniment plus importantes...
Mais comment nos enfants pourront-ils le savoir, qui n'ont jamais connu la joie simple du seul crépitement d'un feu et du partage de l'instant ?

Mais toi, au demeurant, t'en souviens-tu ?
09:30 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
toucher cet arbre, caresser ce banc...
Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point
assez aimés à l'heure passagère,
que je voudrais leur rendre de loin
le geste oublié, l'action supplémentaire!
Revenir sur mes pas, refaire doucement
- et cette fois, seul - tel voyage,
rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc...
Monter à la chapelle solitaire
que tout le monde dit sans intérêt;
pousser la grille de ce cimetière,
se taire avec lui qui tant se tait.
Car n'est-ce pas le temps où il importe
de prendre un contact subtil et pieux?
Tel était fort, c'est que la terre est forte;
et tel se plaint: c'est qu'on la connaît peu.
Aus: Vergers (1924/1925) / Rainer Maria Rilke

Crédit photo : JMK
09:25 Publié dans Découvertes, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 12 mai 2012
A plus d'un titre
"écrire sur un être que l'on a connu, c'est prendre congé de lui"
(Sans la miséricorde du fils / Hector Biancotti)
09:01 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 06 mai 2012
Hasards et coïncidences
Je ne crois pas aux hasards... J'entends par là les hasards hasardeux, approximatifs, isolés, gratuits, totalement dépourvus de signification.
En revanche, j'aime l'idée véhiculée par André Breton de la prééminence dans notre vie d'hasards objectifs, qui, par le biais de "pétrifiantes coïncidences", d'inénarrables concours de circonstances, de troublants enchaînements, laisseraient entrevoir " l'amorce d'un contact, entre tous éblouissant, de l'homme avec le monde des choses ".
Car sinon, comment expliquer cette expérience étrange vécue par tout un chacun où l'on pense à quelqu'un que l'on n'a pas vu depuis longtemps et que l'on rencontre à plusieurs reprises ou dont on reçoit des nouvelles l'heure suivante ? Sans parler d'autres évènements tout aussi anodins en apparence qui, à grand renfort de réitération ou de synchronicité, interpellent et finissent par faire sens ?
C'est comme si notre environnement était peuplé d'une multitudes de fils invisibles qui lieraient les choses et les personnes entre elles.
Comme si le parcours de chacun était jalonné de signaux -hasards, coïncidences, synchronicités-, qui seraient à la mesure de l'importance qu'on leur accorde et du sens qu'on veut bien leur donner.
De là à dire que celui qui ne regarde pas le monde qui l'entoure n'a absolument aucune chance de tomber sur le (bon) hasard, il n'y a qu'un pas, que pour ma part, je n'hésiterais pas à franchir !
Bien plus encore : ET SI la vie était le résultat des choix que nous avons opéré (ou non) face aux hasards et coïncidences qui ont jalonné notre existence ?
11:28 Publié dans J'aime l'idée..., Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 05 mai 2012
J'aimerais tant savoir...
J’aimerais tant savoir comment tu te réveilles,
J’aurais eu le plaisir de t’avoir vue dormir
La boucle de cheveux autour de ton oreille,
L’instant, l’instant précieux où tes yeux vont s’ouvrir.
On peut dormir ensemble à cent lieues l’un de l’autre,
On peut faire l’amour sans jamais se toucher,
L’enfer peut ressembler au Paradis des autres
Jusqu’au jardin désert qu’on n’avait pas cherché.
Quand je m’endors tout seul, comme un mort dans sa barque,
Comme un vieux pharaon je remonte le Nil.
Les années sur ma gueule ont dessiné leur marque,
Mes grands soleils éteints se réveilleront-ils?
On dit depuis toujours, “le soleil est un astre,
Il se lève à cinq heures ou sept heures du matin”,
Mais chaque heure pour moi n’est qu’un nouveau désastre,
Il n’est pas sûr du tout qu’il fera jour demain.
Je ne suis jamais là lorsque tu te réveilles,
Alors je parle seul pour faire un peu de bruit,
Mes heures s’éternisent et sont toutes pareilles,
Je ne distingue plus ni le jour ni la nuit,
Je ne crois pas en Dieu mais j’aime les églises,
Et ce soir je repense au gisant vénitien
Qui me ressemblait tant… Mais la place était prise
Toi seule sait vraiment pourquoi je m’en souviens.
Ce texte est de Bernard Dimey, poète contemporain, mort en 1981. Il avait 50 ans. Il a signé les paroles de plusieurs chansons, dont les plus connues sont Syracuse, chantée par Henri Salvador et mon truc en plumes, par Zizi Jeanmaire.
Voici la version chantée de J'aimerais tant savoir, interprétée par Jehan :
Pour ma part, dans chacune des poésies de Dimey, je trouve toujours au moins une chose géniale. Quelques exemples ?
Si le monde a raison, c'est bien doux d'avoir tort (J'ai trois amis)
La vie c'est merveilleux, bien sûr quand c'est vivable
On se nourrit de peu, mais un peu tous les jours.
(Je sens qu'il va falloir)
On passe au beau milieu de ses contemporains
et la figuration n'est pas intelligente
Ils ont tous un cerveau fendu par le milieu
Dont toute une moitié se transforme en silex
(Je ne dirai pas tout)
Pour finir, en voici encore une autre, dite par B. Dimey : quand on n'a rien à dire
21:27 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 29 avril 2012
Tutoyer le divin
Atlas - Avril 2012
Comme l'an dernier [...], je tutoie le divin. Il y faut pour ce qui me concerne trois modalités réunies. Tout d'abord, un état parfait de solitude. C'est la condition première, essentielle, pour s'envoler dans les nuages. Trop secrets, trop méfiants, volontiers distants, les dieux n'ouvrent pas leur porte aux voyages organisés. Mais il ne suffit pas d'être seul pour être admis dans l'Olympe. Il faut aussi choisir le lieu. Dans une ville, la solitude de la chambre ne s'y prête pas. Il faut pour s'approcher de l'autel, choisir l'immensité. Amoureux de la montagne, j'imagine que la mer peut, pour quelques privilégiés, offrir le même infini. Lorsque plus rien que la ligne d'horizon n'arrête le regard ou que celui-ci se porte vers des cimes qui touchent au ciel, alors le nirvana n'est pas loin. Mais cela ne suffit toujours pas. La dernière condition, primordiale tout autant, est qu'entre le corps et l'esprit l'accord parfait s'installe. Dans la marche, lorsque les muscles adaptés comme lubrifiés par l'exercice quotidien atteignent à cette température idéale qui se manifeste par une légère transpiration, que les articulations bien huilées se prêtent sans effort aux accidents du parcours, alors une alchimie mystérieuse met le corps en lévitation. L'esprit, le pur esprit, flotte sur la lande, la steppe ou les cimes. Grain de sable, invisible dans l'immensité, léger comme le vol d'un papillon, d'un coup tombent les barrières de notre prison familière. Et voici que s'ouvrent les portes du ciel.
Bernard Olivier - Longue marche
14:21 Publié dans Citations, Découvertes, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 24 avril 2012
Créer ce lieu qui n'existe pas...
Essaouira (ex-Mogador) - Avril 2012
"Je dois me mettre en marche, tout tenter, créer le lieu qui n'existe pas . Où que je sois en cet instant, le lieu où je suis devient makom * et non pas "non-lieu". Partout où l'homme rencontre l'impensable, l'inconcevable, l'inimaginable, la foudre frappe, quelque chose commence. C'est le début d'une histoire d'amour, c'est à dire d'une histoire de fou.
Je dois me mettre en marche, sachant que comme tous ceux qui m'ont précédée, je n'arriverai nulle part, que comme tous ceux qui sont partis avant moi, j'échouerai, que je vais vers ma défaite certaine et que pourtant -silence des galaxies- tout cela n'est pas le moins du monde triste. Personne n'exige de moi que je réussisse, mais seulement que je franchisse un pas en direction de la lumière. L'important n'est pas que je porte le flambeau jusqu'au bout, mais que je ne le laisse pas s'éteindre."
*makom : terme hébraïque - lieu de rencontre entre l'homme et Dieu
Christiane Singer - Où cours tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
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dimanche, 22 avril 2012
La part fugitive de l'âme
Parfois, on ne sait comment
une clarté mûrie dans la chair
d'une longue leçon de ténèbres
éclôt et l'esprit peut toucher un instant
ce que ni mots, ni musique, ni rien
ne peuvent imaginer, ni dire
Lorand Gaspar
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jeudi, 12 avril 2012
vae soli
Vae soli est une locution latine qui signifie "Malheur à l'homme seul !" tirée des paroles de l'Ecclésiaste, au chapitre IV verset 10, qui caractérisent la position malheureuse de l'homme isolé, abandonné à lui-même :
« Tel homme est seul, sans personne, ni fils, ni frère ; cependant il n'y a pas de fin à tout son travail et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses... Pour qui donc est-ce que je travaille et prive mon âme de jouissances ? Cela aussi est vanité et occupation fâcheuse. 9. Deux valent mieux qu'un : car ils retireront un bon profit de leur labeur. 10. S'ils tombent, l'un peut relever son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul ; s'il tombe, il n'a pas de second pour le relever. 11 De même, si deux sont couchés ensemble, ils ont chaud ; mais celui qui est seul, comment aurait-il chaud ? 12. Et si un assaillant l'emporte sur un seul, deux lui tiendront tête. Le cordon triple ne se rompt pas de sitôt." »
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mercredi, 11 avril 2012
Pour une étoile...
23:35 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 07 avril 2012
Solidaire de la joie et de la douleur...

Non pas en exil.
Non pas étranger.
Solidaire des hommes et des bêtes
Solidaire des eaux, de la boue,
de la roche et des champs des forêts et forêts de constellations.
Graine de la grande tribu des sables et cailloux
de toute cellule vivante,
pétales de floraison dans le vent,
solidaire de la joie et de la douleur.
D’une patrie de pensée infinie
de toute connaissance limitée
clairières de notre pensée finie.
Solidaire d’une commune ignorance
de tous nos forages, explorations, recherches
de notre désir infini de comprendre —
de toute lumière et de promesse de lumière
qu’elle témoigne d’elle-même ou de la nuit,
de celle à certaines heures que respirent
au désert de Judée les pierres —
Solidaire d’une patrie de mouvement infini
des limites de nos ici et maintenant innombrables
Non, je ne suis pas en exil,
chez moi dans le jaillissement
dans la chute et dans l’usure
dans le diamant et la pacotille
chez moi dans la jubilation des eaux et des airs
et comment parler du mouvement sans bornes
sous les averses d’averses de photons
les vitesses de tant de rayonnements
dans la fraîcheur fragile du verger en fleur
rencontré ce matin de février sans nombre
dans l’éventail d’années et d’années de lumière —
je suis le marcheur qui respire l’ouvert
de tous ses poumons et dont le corps-cerveau
compose des images, musiques et langues,
je suis celui qui chante dans le chant
hors métrique et hors vocabulaire
les matins de toute vie et les soirs
et les nuits de solitude peuplées
de pensées qui s’envolent de leurs fenêtres
de tout ce qui se déplie, telles les eaux
que parcourt un battement d’aile dans la nuit
de l’eau solidaire de celui qui dort,
comme de celui qui écoute le poème au-dedans, au-dehors
*
J'ai seulement des choses très simples
le soleil s'est découpé peu à peu comme
ma mère découpait le pain
nous mettons la soupe sur la table
(ces choses au-dehors qui tombent lentement,
le jasmin, la neige, l'enfance)
goût de piments rouges et de dents heureuses
nos corps nous tiennent encore chaud quelque temps
dans l'âge avancé de la nuit.
Lorand Gaspar - Le quatrième état de la matière
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samedi, 03 mars 2012
N'est pas responsable qui veut...
Soit, c'est entendu : le sens des responsabilités est un vague concept en voie de raréfaction, voire même : d'extinction. Et soit : l'idée selon laquelle la valeur humaine se mesure à l'aune des responsabilités pleinement assumées s'avère totalement démodée, autant que le sont ceux ou celles -dont je suis !- qui s'accrochent naïvement à cette idée.
Je veux bien admettre aussi, sur la base d'une expérience toute personnelle, que d'aucuns qui pratiquent avec une mauvaise foi et un aplomb désarmants le principe du "courage, fuyons!" tirent plus souvent qu'à leur tour leur épingle du jeu.
Mais quand même... !
On ne me fera pas croire que toute cette masse grouillante de responsabilités non assumées se désintègre comme par enchantement dans la nature (encore que, il y a quelques responsabilités écologiques pour lesquelles... bref, là n'est pas la question !). Et que décidément : personne n'est plus responsable de rien en ce bas -c'est le cas de le dire!- monde...
Moi, je pense au contraire que toute responsabilité non revendiquée, que ce soit à un niveau collectif ou individuel, retombe toujours -ou essaie toujours de retomber- sur quelqu'un. Comme ça, de manière arbitraire, au petit bonheur la chance...
Partant de là, rien d'étonnant à ce que nous soyions à titre personnel de plus en plus souvent pris à parti dans la vie quotidienne pour des problèmes dont nous ne sommes absolument pas responsables. Parce que justement, on se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, et que notre interlocuteur a besoin de quelqu'un pour déverser une responsabilité dont il ne sait que faire. Que celui qui n'a jamais eu l'impression d'écoper de remontrances qui venaient de nulle part m'exhorte à me taire !
Pour ma part -chat échaudé craint l'eau froide-, j'ai pris l'habitude de me poser systématiquement la question suivante : est-ce que ce qui arrive et/ou ce qu'on me reproche relève de ma responsabilité ? Si tel n'est pas le cas, j'évite d'entrer en matière et pour le coup : je botte vaillamment en touche ! Car autant je peux mettre un point d'honneur à assumer mes propres responsabilités -et Dieu sait si cela est suffisamment contraignant!-, autant je me refuse à porter le poids d'une responsabilité qui appartiendrait à quelqu'un d'autre. A moins bien sûr que ce ne soit pour une raison valable et circonstanciée (par solidarité par exemple)...
18:41 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 29 février 2012
il faut se faire confiance...
Il faut se faire confiance. S'écouter penser, hésiter, trébucher. Prêter une oreille attentive à la petite voix intérieure avec laquelle on cohabite. Accorder du crédit à l'intuition. Savoir accueillir l'éclair de lucidité qui se présente souvent au moment où l'on se trouve dans un état de confusion extrême.
Il s'agit pour cela de faire taire le grand tumulte intérieur. De calmer le jeu. De se soustraire à l'agitation ambiante.
Et de renouer avec une juste vision des choses, une juste pesée des intérêts. S'ouvrir au sacré, au sentiment amoureux, à la faculté de s'émerveiller. Pour retrouver enfin une sensibilité perdue, refoulée, enfouie au plus profond de soi même.
Et si de surcroît cela a pour effet de partir en croisade contre la lâcheté, le mensonge ou l'évidente mauvaise foi d'autrui. Si l'on est plus en paix avec soi même. Alors, on aura eu raison de se faire confiance. Définitivement...
20:36 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 14 février 2012
Merveilleuse nature...
Yvoire et son château - Photo : Paul Chamey (Dauphiné Libéré)
Embarcadère d'Yvoire - Photo : Paul Chamey (Dauphiné Libéré)
Quai des Eaux-Vives, à Genève - Photo : C. Walder - Pyrotechnic.ch
Quai des Eaux-Vives, à Genève - Photo : C. Walder - Pyrotechnic.ch
Corsier - Photo : C. Walder - Pyrotechnic.ch
07:41 Publié dans Découvertes, Frontalière, intermittente du tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 13 février 2012
Sans l'oublier
Sans l'oublier, on peut fuir ce qu'on aime.
On peut bannir son nom de ses discours,
Et, de l'absence implorant le secours,
Se dérober à ce maître suprême,
Sans l'oublier !
Sans l'oublier, j'ai vu l'eau, dans sa course,
Porter au loin la vie à d'autres fleurs ;
Fuyant alors le gazon sans couleurs,
J'imitai l'eau fuyant loin de la source,
Sans l'oublier !
Sans oublier une voix triste et tendre,
Oh ! que de jours j'ai vus naître et finir !
Je la redoute encor dans l'avenir :
C'est une voix que l'on cesse d'entendre,
Sans l'oublier !
Marceline Desbordes-Valmore
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